Administration & politique

Question orale de Madame Nathalie Wyns (Liste Citoyenne 1160) : pacte d’excellence et projet pilote

Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les Echevins, Monsieur le Président du Conseil,
Chers collègues,
Mme l’échevine de l’enseignement nous avait présenté il y a quelques mois les détails d’un projet pilote qui devait débuter à la rentrée scolaire de septembre 2019 dans le cadre du pacte d’excellence.
Un semestre plus tard, pourriez-vous nous donner des détails quant à la mise en place de ces nouveaux processus, du retour actuel des enseignants, des parents ?
Avez-vous prévu d’inviter les conseillers communaux à une réunion de type feed-back ?
Je vous remercie pour votre réponse.
Nathalie WYNS, conseillère communale pour la Liste Citoyenne 1160
  • Réponse de Madame Elise Willame, Echevine
Madame Wyns,
Je vous remercie pour votre question qui me permet d’aborder face à cette assemblée l’avancement des contrats d’objectifs dans nos centres scolaires.
Dans le cadre du Pacte d’excellence, nos quatre écoles s’étaient, l’année scolaire passée, portées volontaires pour faire partie de la première vague des plans de pilotage.  A force de travail, lesdits plans avaient été directement acceptés par les différents DCO (Directeurs aux Contrats d’Objectifs) et transformés en Contrats d’Objectifs.
Ces contrats reprennent des objectifs concrets et chiffrés que les équipes pédagogiques se sont proposées d’atteindre d’ici à six ans, ainsi que des stratégies à mettre en œuvre pour parvenir aux résultats visés.  Précisons néanmoins que ces stratégies ne sont pas directement implantables dans les écoles ; l’esprit du Pacte d’Excellence est en effet davantage de travailler dans un temps long, de mettre en réflexion les équipes pédagogiques et éducatives, de susciter les interactions entre enseignants et de favoriser le partage de bonnes pratiques plutôt que de se jeter à corps perdu dans des dispositifs mal ficelés ou à la mode.  L’idée est de faire émerger des pistes didactiques propres à l’école même, de rendre les rennes de l’institution scolaire aux enseignants, de les amener à adopter des méthodes efficaces qui seraient accueillies favorablement par l’ensemble du corps enseignant, en lieu et place des nombreuses réformes top/down qui, si elles s’avéraient pertinentes d’un point de vue théorique, n’ont que peu été mises en œuvre par le corps professoral.
Nous insistons donc, cette réforme de l’enseignement s’inscrit forcément dans un temps long et dans une mise en réflexion qui évite les précipitations et les effets de mode.  Nous pouvons néanmoins déjà témoigner d’un ensemble de mesures qui ont, après ce premier quadrimestre, pris place au sein de nos écoles.  En voici quelques exemples :
  • Constitution des groupes de travail 
Les Contrats d’Objectifs (nous ne parlerons plus ici de Plans de Pilotage puisque ceux-ci ont été validés et contractualisés avec la FWB) impliquent une organisation différente du travail entre enseignants.  Alors qu’auparavant, c’étaient essentiellement les Directions qui étaient à la barre et menaient la réflexion lors de séances collectives appelées « concertations », ce sont aujourd’hui les enseignants qui se répartissent les réflexions qu’ils mènent dans de petits sous-groupes de travail appelés GT (groupes de travail collaboratif), chacun d’eux s’occupant d’un objectif particulier et ciblé.  A ce jour, les groupes de travail ont été constitués et semblent bien avancer dans les objectifs qu’ils se sont vus assignés.  Les modalités de fonctionnement de ces sous-groupes ont été négociées en COPALOC avec les syndicats et nous sommes parvenus à un consensus qui agréée toutes les parties (ce qui n’est pas une mince affaire et n’est pas forcément le cas dans d’autres PO).  Des présentations de l’état d’avancement du travail des différents sous-groupes sont régulièrement organisées dans des concertations collectives et une première évaluation informelle se fera en fin d’année scolaire avec l’appui du Conseiller pédagogique et des DCO (Délégués aux Contrats d’Objectifs) qui représentent la Fédération Wallonie-Bruxelles.
  • Conférences pédagogiques
La réflexion menée par nos équipes pédagogiques pour atteindre les objectifs qu’elles se sont fixées sont soutenues par des interventions extérieures destinées à nourrir les sous-groupes dans leurs réflexions.  Outre les formations volontaires individuelles qui donnent lieu à des relais en équipe, trois journées de formations obligatoires ont été ou seront bientôt menées dans chacun des centres scolaires.  En fonction de leurs besoins particuliers, nos écoles se sont ainsi penchées sur la lecture interactive enrichie (Cirquétudes), la mise en œuvre du travail collaboratif (Les Marronniers), le bien-être des enfants (Blankedelle) ou le travail des Grandeurs (Pré des Agneaux), matière hautement complexe qui concentre nombre de savoirs mathématiques.
  • Coopération avec les logopèdes des CPMS
Dans le cadre du Pacte d’Excellence, la Fédération Wallonie-Bruxelles a choisi de renforcer les apprentissages menés en maternelle en subsidiant plus largement ces petites classes et en recrutant des logopèdes ayant pour mission de soutenir le travail des écoles et les réflexions menées par nos équipes pédagogiques.  Dans ce cadre, nous menons une collaboration particulièrement fructueuse avec les logopèdes qui nous ont été assignées, celles-ci ayant déjà mené des concertations sur la conscience phonologique (prérequis nécessaire à l’apprentissage de la lecture) et animeront bientôt une courte formation portant sur la lecture interactive enrichie (une modélisation de la lecture d’un album jeunesse permettant aux élèves d’améliorer leurs stratégies d’écoute et de compréhension, d’enrichir leur vocabulaire et de travailler les inférences).
  • Mise en place des premiers dispositifs
Si la plupart des stratégies décidées lors de la constitution des contrats d’objectifs doivent être pensées sur un temps long, certaines actions sont cependant plus aisées à mettre en œuvre.  Nombre de dispositifs pédagogiques concrets ont ainsi déjà pris corps dans nos écoles.  En voici quelques exemples intéressants :   
  • Le quart d’heure de lecture, une à deux fois par semaine, met toute l’école en pause, de la Direction au personnel d’entretien en passant par les enseignant·e·s et les accueillant·e·s.  L’idée ici est de susciter l’envie et le plaisir de lire, d’avoir des modèles de lecture et de lecteurs.
  • La lecture interactive enrichie et le travail de la conscience phonologique ont déjà trouvé place dans plusieurs de nos centres scolaires et continuent de faire tache d’huile dans nos équipes pédagogiques, se propageant lentement mais sûrement, au plaisir des enseignants et pour le bien de nos élèves.
  • Des réflexions concernant le matériel pédagogique mathématique à mettre en œuvre ont déjà abouti au testing d’outils de manipulation parfois récent (balance mathématiques) parfois « oubliés » (boulier).
  • Des activités de pleine conscience avec les enfants ont été menées pour aider les élèves à mieux gérer leur stress.
  • Des ateliers autonomes s’implantent de plus en plus dans nos classes, permettant aux enfants de s’exercer individuellement, à leur rythme et en fonction de leurs besoins propres tandis que les enfants ayant besoin d’explication supplémentaire peuvent à cette occasion profiter de leur enseignant en tout petits groupes de remédiation.
Enfin, pour ce qui concerne votre question quant aux feed-back à faire à cette assemblée, le Plan de pilotage était fixé pour 6 année, il n’y a donc, à mon sens, aucune obligation en matière d’information durant ces 6 années. Néanmoins, vu l’intérêt du sujet et l’importance accordée par le PO a ces contrats d’objectifs, il est tout à fait imaginable d’organiser une commission à mi-parcours afin d’informer les membres de cette assemblée.
Bien entendu, il vous est toujours loisible, si vous le souhaitez de me faire part de vos questions par le biais d’une question orale ou encore d’un rendez-vous. Je me ferai un plaisir de vous exposer le travail pertinent de nos écoles en la matière.