Administration & politique

Question orale de Monsieur Jeremy Van Gorp et de Madame Martine Maelschalck (MR-Open VLD) à propos des bâtiments de la Commission européenne (Beaulieu)

Monsieur le Président,
Chers Collègues,
Le 26 avril dernier, la Commission européenne a annoncé vouloir modifier prochainement sa politique immobilière et réduire le nombre de ses implantations.  
Depuis mars 2020, le télétravail est devenu la norme au sein des institutions européennes. Ainsi, plus de 80% des 43 000 fonctionnaires, agents temporaires et contractuels restent chez eux.
Le bourgmestre d’Auderghem qui se dit étonné du prochain départ de la Commission et accuse la Commission européenne de communiquer de manière erratique à ce sujet. (Source : site RTBF 26 avril 2021)
Pourtant, le PAD Hermann-Debroux est clair sur l’avenir de ce site. Ainsi, on peut lire sur perspective.brussels que « le site de Beaulieu, occupé actuellement par la Commission européenne, a pour vocation d’être une zone de transition entre une partie très urbaine (Delta et rue Jules Cockx) et une partie plus paysagère (vallée du Watermaelbeek). On y retrouve aujourd’hui une barrière de bâtiments monofonctionnels de bureaux. (…) l’objectif est d’amener une meilleure intégration urbaine et davantage de mixité programmatique sur cet site ». Et, plus loin : « L’ensemble bâti prévu pour cette zone s’intègre dans le contexte morphologique et paysager. Il accueille un programme mixte alliant logements au niveau de l’avenue Beaulieu et bureaux au niveau du boulevard urbain ».
La surprise ne devrait donc pas être totale.
D’une manière générale, les conséquences de la crise sanitaire sur l’occupation et la localisation des sites de bureaux urbains, en raison notamment du développement du télétravail, doivent être examinées d’urgence.
Nos questions sont les suivantes :
  • Quel est l’état des informations de la commune sur l’avenir de l’avenue de Beaulieu du côté des bureaux de la Commission européenne ?
  • Quand la commune a-t-elle appris que la Commission ne renouvellerait pas ses baux pour les trois bâtiments concernés ?
  • Auderghem a-t-elle déjà procédé à un état des lieux de l’occupation des bureaux dans la commune ? Une étude quant aux intentions futures des occupants a-t-elle été réalisée ?
  • Le risque existe d’avoir une offre de bureaux supérieure à la demande. Est-il envisagé/envisageable de modifier l’affectation des bâtiments prévue dans le PAD si cette affectation se révèle obsolète en raison des conséquences de la crise sanitaire ?
  • Avez-vous l’intention d’interpeler la Région bruxelloise à ce sujet ?
Nous vous remercions.
Jeremy Van Gorp et Martine Maelschalck, conseillers communaux MR-Open VLD
  • Réponse de Monsieur Alain Lefebvre, Échevin
Ni la Commission européenne, ni les propriétaires des immeubles de bureaux ne nous informent des fins de baux.
Nous ne disposons d'aucune information officielle récente quant aux intentions de la Commission européenne.
Le dernier contact date d'une réunion préparatoire au PAD Delta-Herrmann-Debroux en 2017. Aucune intention de départ ne nous avait été communiqué. Nous ne cessons effectivement de nous étonner de la communication erratique de la Commission.
Nous sommes régulièrement en contact avec les propriétaires de bureaux qui envisagent, les uns, une rénovation profonde pour adapter leurs biens aux exigences actuelles, les autres, de nouvelles affectations. Ces projets sont généralement introduits auprès de la région, celle-ci étant en charge des demandes de permis avec rapport ou étude d'incidences. C'est ainsi que nous avons été approchés pour une rénovation profonde mais respectueuse du patrimoine des immeubles de bureaux situés dans le bas de l'avenue de Beaulieu oeuvre de l'Atelier de Genval qui est également en charge de cette rénovation. A la suite de quoi, une demande de permis a été introduite et est en cours d'instruction. A ce stade, nous contribuons à l'étude d'incidences de ce projet qui ne prévoit pas de changement d’affectation.
Le contexte est tellement mouvant qu'une étude relative aux perspectives d'occupation des immeubles des bureaux s'avérerait rapidement obsolète. Depuis des années déjà, les immeubles de bureaux sont moins recherchés en 2ème couronne pour des raisons d’accessibilité en transports publics. Certains immeubles ont été reconvertis en logements, d'autres en logements étudiants, d’autres enfin envisagent des hôtels ou des maisons de repos... les propriétaires sollicitent des permis, font évoluer leur bien .
Je rappellerai que la commune d'Auderghem n'a jamais été demanderesse que le PAD Delta-Herrmann-Debroux prévoie des développements immobiliers. Nous l'avons fait savoir à de multiples reprises, nous ne souhaitons pas que le PAD contienne des dispositions réglementaires tellement rigides que toute évolution en devienne quasi impossible tant la lourdeur d'élaboration d'une modification du PAD est élevée. Le Collège n'a pas attendu la crise actuelle pour souligner le risque que vous évoquez.