Administration & politique

Question orale de Madame Martine Maelschalck et Monsieur Jérémy Van Gorp (MR-Open VLD) : Viaduc Herrmann-Debroux

Monsieur le Président du Conseil,
Chers Collègues,
Nous avons lu dans la presse que le gouvernement bruxellois avait décidé du plan d’aménagement directeur Herrmann-Debroux qui implique, de facto, la destruction du viaduc Herrmann-Debroux.
Nous avons lu également que des responsables de la commune demandent aujourd’hui, à tout le moins, que l’on n’abatte pas le viaduc avant d’avoir mis en œuvre un plan global pour le site, incluant des parkings de délestage de capacité suffisante et une offre de transport en commun attractive. Et, partant, un calendrier crédible et structuré.
Dans le communiqué rédigé il y a un an par le MR d’Auderghem, nous nous opposions à une destruction irréfléchie du Viaduc Herrmann-Debroux et nous déplorions le manque de garanties en matière de mobilité (métro, parkings de dissuasion, gestion du trafic), de timing, d’étude d'incidence et d’examen de solutions plus simples et peut-être moins onéreuses.
Voici donc nos questions :
  • Quelles seront les opportunités pour les citoyens concernés de donner leur avis sur le projet ?
  • Comment la commune fait-elle entendre sa voix pour que les besoins de ses habitants soient pris en compte ?
  • Qu’en est-il de l’étude d’incidence environnementale et de mobilité avec une circulation ramenée au niveau du sol ?
  • Quel sera le coût des travaux pour la commune ?
  • Avez-vous estimé la durée des travaux et les nuisances entraînées ?
Nous vous remercions.
Martine Maelschalck et Jérémy Van Gorp, conseillers communaux MR-Open VLD
  • Réponse de Monsieur Alain Lefebvre, Echevin
Madame et Monsieur les Conseillers,
Vous semblez découvrir aujourd’hui ce qui a été notre préoccupation constante de tout temps. Si nous avons initié la réflexion sur le futur de cet axe Herrmann-Debroux, c’est  assurément pour mener une étude complète, garantir un plan global incluant tous les préalables indispensables à la concrétisation de cet important projet. Je m’en explique au nom du Collège.
Notre préoccupation principale est de préserver et d’améliorer le cadre de vie de nos concitoyens. Elle n’est pas neuve.
Dès sa construction, de nombreux citoyens se sont insurgés contre la balafre que cet axe autoroutier a imposée à nos quartiers et contre les conséquences induites.
Et puis, beaucoup s’y sont faits, d’aucuns y ont trouver avantage… jusqu’à ce que le trop plein de trafic automobile génère un excès de nuisances : bruit, qualité de l’air, insécurité, pression sur le stationnement notamment aux abords des stations de métro.
Et récemment, l’infrastructure montre des signes de vieillissement.
Le temps est venu de réfléchir posément à l’avenir sans attendre une situation d’urgence.
Depuis une dizaine d’années, nous avons lancé cette réflexion, consulter les citoyens, fini par persuader la région et débuter avec elle depuis 2017 d’intenses échanges et d’importantes études.
Des citoyens ont participé à des ateliers, des réunions d’information organisées tant par la commune que par la région.  Tout cela a fait l’objet de compte-rendu et de documents publiés par la région.
Le processus d’élaboration et d’adoption du Plan d’Aménagement Directeur (PAD) Herrmann-Debroux vous a déjà été exposé à de nombreuses reprises. Il suit les dispositions du Code Bruxellois de l’Aménagement du Territoire (Cobat) chapitre III bis, articles 30/1 à 30/11.
Les  citoyens seront consultés et pourront réagir au cours d’une enquête publique de 2 mois avant fin 2019, date encore à fixer par la région.
La commune a suivi assidument les études et participer activement aux différents comités d’accompagnement et de pilotage créer à cette occasion. Elle a veillé à ce que les habitants puissent s’exprimer. Le Collège et le Conseil ont émis des avis lors de tout nouveau document transmis. Ainsi le 29 juin 2018, le Conseil a émis un avis sur l’arrêté ministériel précisant le périmètre, les enjeux et objectifs du PAD. Le Collège a émis un avis sur le projet de volet stratégique.
Le Gouvernement a adopté le projet de PAD en 1 ère lecture. Le rapport sur les incidences environnementales en fait partie. C’est un document de près de 1500 pages qui sera mis à disposition de tous car, il est essentiel pour mesurer l’impact des propositions qui sont émises.
La procédure est encore longue. Il ne faut pas s’attendre à une décision définitive avant fin 2020. Ensuite seulement pourront débuter les études de projet, les demandes de permis, les commandes de travaux,… des concertations avec les autres régions. La concrétisation doit encore faire l’objet d’études de phasage car il y a des conditions préalables à remplir avant toute mise en œuvre. Ils s’agit notamment d’engager la mise en place des alternatives nécessaires en matière de mobilité.
La question des coûts et délais est légitime et nous préoccupe également. Mais la réponse est prématurée. Une approche d’étude des nuisances des chantiers figure dans le rapport d’incidences environnementales. Beaucoup de projets concrétisant le PAD devront faire l’objet d’une étude d’incidence spécifique en ce compris pour les nuisances de chantier.
« Le chemin est long du projet à la chose. » a écrit Molière.
Pour mener à bien un projet, il faut avoir le courage de le rêver, l’intelligence d’en faire quelque chose de réaliste et la volonté de le mener à bien en concertation avec toutes les personnes concernées.