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05/03

10 commerces du quartier Hankar deviennent des "safe places"

Lorsqu’on se sent en insécurité dans la rue, pouvoir pousser rapidement les portes d'un endroit rassurant n’a pas de prix. Partant de ce constat, la Maison de la Prévention a creusé l’idée : et si on créait un réseau de lieux refuges accessibles en cas de harcèlement de rue ? C’est ainsi qu’Auderghem s’apprête aujourd’hui à lancer un dispositif tout à fait inédit de Safe Places autour de la station Hankar. Singularité : l’implication directe de dix commerces volontaires qui permet de couvrir une large plage horaire, jusque tard en soirée. 

Les enquêtes de terrain de la Maison de la Prévention ne mentent pas. « Le sentiment d'insécurité en rue est une réalité qui touche surtout les plus vulnérables, les femmes et les jeunes », résume Mourad Daoudi, chef de service de la Maison de la Prévention. « Dans la commune, quelques points très localisés cristallisent ce sentiment. C'est le cas des stations de métro, notamment celle de Hankar, qui remonte régulièrement dans nos enquêtes sur le harcèlement de rue. Le projet pilote va donc se concentrer autour de cette station. »

Une pizzeria, une salle de sport, une épicerie, un libraire, un café,  un fleuriste, une friterie…  Dix commerces autour de la station de métro se sont portés volontaires. « Nous n'avons pas eu besoin de les convaincre : ils ont tout de suite compris le bien-fondé du projet. Ce sont des acteurs privilégiés du quotidien du quartier, ils savent ce qu'il s'y passe et ont bien compris que la sécurité en rue est une responsabilité collective. »

Concrètement, lorsqu'une personne se sent menacée ou en insécurité, elle pourra entrer dans l'un de ces commerces avec la garantie d'y trouver bienveillance et réconfort. Les dix commerçants ont en effet reçu une formation spécifique, encadrée par des intervenants de PsyBru, qui garantit un accueil adapté à ce genre de situations. « Nous ne leur demandons pas de jouer aux super-héros, juste d'accueillir la personne, de la mettre au calme, de l'écouter, de lui proposer un verre d'eau… », explique la bourgmestre. « Ils peuvent aussi l'aider à contacter un proche ou, si la situation l'exige, à appeler la Zone de Police. » Partenaire de l'opération, celle-ci a mis en place des procédures pour traiter prioritairement les situations signalées par les Safe Places.

« Une vaste opération de sensibilisation sera menée dans le quartier à partir du 8 mars, journée internationale des droits des femmes », poursuit Mourad Daoudi. Dans un premier temps, un fléchage au sol permettra de faire connaître le dispositif. Une signalétique spécifique permettra de reconnaître les commerces participants dont le nombre pourra être étendu. Naturellement impliquée, la STIB s’est associée au projet auderghemois : le balisage démarrera dès la station de métro.

En fonction des résultats, la commune pourrait envisager de dupliquer le concept dans d'autres quartiers, avec d'autres maillages de commerçants. Quant à la STIB, elle envisage sérieusement de reprendre l’idée à son compte dans d’autres communes bruxelloises.