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De plus en plus de retards de langage

Un nouveau projet pilote dans les écoles communales

 

Le constat est unanime : avec l’apparition des nouveaux médias, les niveaux de lecture et d’écriture des enfants ne cessent de se dégrader. Pour contrer ce phénomène, Auderghem a décidé d’engager une maîtresse entièrement dédiée aux difficultés d’apprentissage de la langue. L’objectif ? Doter tous les enfants de 4 à 9 ans d’une aisance de langage et d’un vocabulaire approprié.

 

Les spécialistes s’accordent tous sur ce point : plus tôt les lacunes de langage sont diagnostiquées, mieux il est possible de corriger le tir. “ En moyenne, les  élèves  de maternelle les plus faibles connaissent 500 mots, les plus forts 2.500 ” explique l'échevine de l’enseignement. “ Après l’âge de 6 ans, on estime le gain à 400 mots par an, ce qui fait que certains enfants arrivent en primaire avec 5 ans de retard lexical. Le travail pour aplanir ces différences est donc essentiel ”. Voilà pourquoi, la commune a décidé de lancer un nouveau projet pilote.

 

Julie Legraive, maîtresse spécialisée en FLA (Français Langue d’Apprentissage), a pris ses nouvelles fonctions en septembre dernier et intervient auprès d’élèves de la seconde maternelle jusqu’à la 4e primaire. " Je ne fais pas de remédiation en français à proprement parlé ", précise-t-elle. " Par groupes de 5 ou 6, et  sur des thèmes convenus avec les instituteurs,  j’incite  les  enfants  à s’exprimer et les pousse à aller plus loin dans la formulation des idées, autant dans la syntaxe que dans le vocabulaire ".

 

Contrairement aux idées reçues, ces difficultés sont l’affaire de tous. " Il faut arrêter de croire que cette problématique ne concerne que les enfants d’origine étrangère car elle touche toutes les classes sociales ”, insiste l’enseignante.  " Beaucoup  d’enfants de maternelle  avec  qui  je travaille parlent le français depuis toujours mais, par manque de confiance ou de stimulation à la maison, se retrouvent en difficulté ". Ce projet s’inscrit dans une dé-marche plus globale d’amélioration de l’apprentissage scolaire engagée par la commune  il  y a déjà plusieurs années. " Nous sommes dans une logique de questionnement constante de nos pratiques pédagogiques ", rappelle le bourgmestre en titre. " La commune s’est déjà dotée des services d’un conseiller pédagogique, d’une orthopédagogue et maintenant de Julie. Nous essayons de tout mettre en œuvre pour apporter à tous les petits Auderghemois les mêmes chances de réussite scolaire ".

 

Ce projet pilote, financé sur le budget de la commune, est en phase de test à l’école Les Marronniers. Il sera ensuite évalué et étendu aux autres centres scolaires communaux.