Le dossier du survol de Bruxelles empoisonne la vie des Bruxellois depuis 25 ans, sans véritable avancée. Cette fois, les dix-neuf communes parlent d'une seule voix en votant à l'unanimité une motion contre les nuisances aériennes. L'État fédéral va devoir s'expliquer.
L'ampleur du trafic donne la mesure de l'enjeu. En 2025, 72 393 décollages ont eu lieu en direction de la capitale (soit 200 par jour) et 19 136 atterrissages, dont 11 000 de nuit.
En cause : l'aéroport délaisse rapidement ses pistes préférentielles, les 25L et 25R, au profit des pistes 01 et 07, censées rester des solutions subsidiaires. En cause également, des normes de vent appliquées avec une sévérité excessive, qui font basculer le trafic vers ces pistes annexes à la moindre brise. « La justice a pourtant condamné deux fois l'État belge. Mais l'État préfère payer des astreintes plutôt que de respecter les décisions de justice : 42 millions d'euros en 2025 », indique la Bourgmestre.
La première exigence de la motion est donc claire : réduire les mouvements sur les pistes qui passent au-dessus de Bruxelles. Viennent ensuite les autres demandes : interdiction des vols de nuit entre 22h et 7h, suppression des appareils les plus bruyants, fin des vols « sauts de puce », virage vers le Ring dès le décollage, sonomètre dans chaque entité survolée.
Le calendrier joue cette fois en faveur des communes : l'État fédéral va devoir expliquer ses décisions devant les tribunaux avant la fin de l'année.
