Du 10 octobre au 15 novembre, la commune lance un vaste appel à candidatures: elle recherche 33 habitants pour faire partie du Conseil d'Évaluation Citoyen d’Auderghem. Trente-trois Auderghemoises et Auderghemois qui seront formés et défrayés pour évaluer l’action de la commune de manière neutre et indépendante.
L’action de la commune est-elle efficace? Répond-elle réellement aux besoins des Auderghemois? Et est-elle finalement cohérente dans son ensemble?
Pour répondre à ces questions de manière neutre et indépendante, Auderghem a décidé de créer le Conseil d'Évaluation Citoyen. Un dispositif qui est le fruit d’un travail d’évaluation et de recherche approfondi, réalisé en collaboration avec les chercheurs du Policy Lab de l’ULB.
« C'est très facile pour une commune de dire qu'elle a fait ceci ou cela, qu’elle est innovante ou qu'elle est la meilleure », explique la bourgmestre. « Mais dans un monde où les fake news nous font douter de tout, ce genre de discours ne suffit plus. Nous avons donc décidé de donner aux habitants le pouvoir d’évaluer ce que nous faisons. »
Pour la première fois en Europe, des habitants vont donc évaluer chaque année l’action de leur commune. « Le Conseil d’Évaluation Citoyen sera composé de 33 habitants volontaires », précise Sarah Touil, responsable du service Participation. « Nous lançons donc un grand appel à candidatures. Tout Auderghemois de 18 ans ou plus pourra y répondre à partir du 10 octobre. Il suffira pour cela de remplir le formulaire de candidature. Nous irons également dans les quartiers pour inviter les habitants moins à l’aise avec Internet à se porter candidats. »
Au terme de l’appel, les 33 membres du Conseil seront tirés au sort suivant une méthodologie dite d’échantillonnage diversifié.
L’installation du Conseil d’Évaluation Citoyen est ainsi prévue pour début janvier 2027. Ses membres débuteront alors leur mission par une formation de 3 demi-journées sur les compétences et le fonctionnement de la commune. « Il s’agira d’une formation très accessible mais indispensable pour comprendre les limites d’action de la commune et mener le travail d’évaluation sur ce qui la concerne réellement. »
Une fois formés, les membres du CEC seront en capacité de démarrer le travail d’évaluation proprement dit, dont la première session est prévue pour débuter en mars 2027 et qui portera sur ce qui a été réalisé en 2026.
Chaque échevin et chaque service communal viendra s'asseoir devant les trente-trois habitants pour rendre des comptes: ce qui avait été planifié, ce qui a été réalisé, ce qui a pris du retard et pour quelles raisons.
L’exercice s'appuiera sur deux documents précis: la feuille de route qui détaille les actions planifiées pour la législature et les rapports d'activités annuels des services communaux. « Le CEC s’appuiera également sur les résultats d’une grande enquête de satisfaction que nous organiserons désormais chaque année entre décembre et janvier », complète la bourgmestre. « Le travail sera donc ancré dans la réalité des services mais aussi dans celle des habitants. »
L’évaluation sera structurée autour de trois critères issus de la grille de référence de l'OCDE: l'efficacité, qui mesure ce qui a été fait, ce qui ne l'a pas été, et pour quelles raisons; la pertinence qui interroge l'adéquation des actions avec les besoins des habitants; et enfin, la cohérence qui vise à mesurer si les projets s'articulent correctement entre eux. « La grille de l’OCDE a été adaptée par le Policy Lab de l’ULB pour rester accessible et praticable par des habitants qui ne sont pas nécessairement des experts de l’audit », souligne Sarah Touil. « Mais le principe d’évaluation reste rigoureusement identique. Le CEC s’appuiera donc sur un outil d’objectivation complètement neutre qui garantit un résultat objectif. »
Le processus sera organisé chaque année et se clôturera par une restitution publique. « Cette séance sera organisée en juin, le même jour que l’Apéro des Habitants », précise Sarah Touil. « Tout le monde pourra venir entendre les services et les échevins rendre des comptes, poser des questions et prendre connaissance des résultats de l’évaluation du CEC ». Ceux-ci seront également publiés en ligne et présentés officiellement au Conseil communal.
« Le CEC ne remplace pas le Conseil communal ni le Collège qui continuent bien évidemment de piloter l'action communale », tient à clarifier la bourgmestre. « Ce que nous ajoutons, c'est une implication directe des habitants pour monitorer l’action de la commune, s’assurer qu’elle répond bien à leurs besoins et le, cas échéant, la corriger. »
Au terme de la législature, ces évaluations successives déboucheront sur un mémorandum remis à toutes les listes qui se présenteront devant les électeurs en 2030.
